Nous avons dégusté l'un des vins phares de l'azienda vinicola Planeta. Ce producteur sicilien n'opère en réalité que depuis le milieu des années 90 du siècle dernier, bien que la tradition agricole de la famille remonte au XVIe siècle. À tel point que la propriété de l'entreprise est partagée entre une quinzaine de cousins.
Le vin dégusté est, en réalité, devenu au fil du temps l'un des symboles les plus connus de la renaissance œnologique de l'île : nous parlons du Chardonnay du millésime 2005, une année désormais plus disponible à la vente depuis longtemps.
Aujourd'hui, Planeta est l'un des principaux acteurs du mouvement vinicole de la Sicile avec plus de 360 hectares de vignes répartis sur six domaines distincts situés dans les zones les plus propices de l'île : Ulmo à Sambuca di Sicilia, Dispensa à Menfi, Dorilli à Vittoria, Buonivini à Noto, Feudo di Mezzo sull'Etna à Castiglione di Sicilia et La Baronia à Capo Milazzo. Tous les vignobles ont été plantés directement par la famille à la suite des différentes acquisitions. Plus de deux millions de bouteilles sont produites, dont plus de la moitié sont exportées.
Le Chardonnay que nous avons dégusté – comme, d'ailleurs, d'autres vins blancs produits par Planeta – provient de la Tenuta dell'Ulmo, située à proximité de Sambuca di Sicilia et du Lago Arancio. C'est l'un des deux domaines historiques de l'entreprise (l'autre étant celui de Menfi), installé dans un cadre particulièrement pittoresque. Il se trouve à une altitude comprise entre 100 et 250 m s.n.m., juste à côté du Baglio du XVIe siècle, toujours propriété de la famille. Le sol est de texture moyenne, profond avec un squelette abondant constitué de galets, faiblement calcaire, par endroits argileux avec une fraction limoneuse abondante.
La vigne est conduite en spalliera (Guyot, Cordone speronato), avec des densités de plantation assez importantes (4 000/4 500 pieds/ha). Les rendements sont faibles (75 q/ha), avec un peu plus d'un kilo et demi de raisin récolté par pied. Les vendanges 2005 du Chardonnay débutent dans la troisième décade d'août et ont été très bonnes. Une fois le raisin apporté au chai, après l'éraflage, le pressurage doux et la décantation statique s'effectuent à basse température. Des levures sélectionnées sont inoculées dans le moût, déclenchant la fermentation à température contrôlée (20°C) pendant une quinzaine de jours en barriques neuves pour la moitié de la masse et d'un an pour la partie restante. S'ensuit un lent affinage toujours en bois.
La mise en bouteille a eu lieu en juillet suivant les vendanges, après environ 10 mois de séjour en bois, et depuis lors le vin a continué à mûrir en bouteille, à partir d'un certain moment dans ma cave, jusqu'à il y a quelques jours. Le vin développe 14° d'alcool avec plus de 6 g/l d'acidité totale.
Nous vous racontons maintenant la dégustation.
Le vin se présente cristallin avec une robe à mi-chemin entre l'or et l'ambre. La couleur nous frappe particulièrement : chaude, envoûtante, elle évoque celle de certaines collines ensoleillées de Sicile lors des journées les plus torrides d'août. En faisant tourner le verre, le vin forme sur ses parois des jambes serrées et fines avec des larmes qui descendent lentement. Un vin manifestement consistant.
Au nez, nous percevons une explosion de fruits exotiques et de confiture. Ananas, melon, dattes, confiture de pêches. Puis du miel d'acacia et encore des notes épicées de noix de muscade. La bouche est suave, avec un parfait équilibre entre l'alcool et une fraîcheur encore bien présente. Le vin est en pleine maturité, capable d'exprimer pleinement sa superbe classe. La finale minérale est longue, avec des notes d'amandes grillées en rétro-olfaction.
Il faudrait toujours en avoir deux bouteilles de ce type. On se demande ce que donnerait sa jumelle ouverte dans cinq ans. Celle que nous avions, nous l'avons savourée en accompagnement d'un plat de farfallette al salmone, assaisonné d'un filet de citron et d'abondant persil.





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