VINS ROUGES
  • 8 AOÛT 2026
  • 5 min
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Dante Marramiero, la verticale décennale

Nous nous sommes retrouvés à l'enoteca Achilli, à deux pas du Parlement. Cette fois, la lourde tâche était de comprendre comment évolue dans le temps le Montepulciano d'Abruzzo Dante Marramiero Riserva, un vin qui rejoint les rayons de l'enoteca après qu'au moins ...

Alessandro Genova

par Alessandro Genova
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Dante Marramiero, la verticale décennale

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Nous nous sommes retrouvés à l'enoteca Achilli, à deux pas du Parlement. Cette fois, la lourde tâche était de comprendre comment évolue dans le temps le Montepulciano d'Abruzzo Dante Marramiero Riserva, un vin qui rejoint les rayons de l'enoteca après qu'au moins dix ans se soient écoulés depuis la vendange.
L'occasion est belle, d'autant plus qu'elle prévoit la dégustation de tous les millésimes jusqu'alors commercialisés, depuis le premier, le 1998. Cependant, compte tenu de la très longue gestation de ce vin, qui par ailleurs ne voit pas le jour chaque année, la verticale se réduit finalement à cinq millésimes seulement. Outre le 1998 déjà cité, il s'agit du 1999, du 2001, du 2003 et du 2005.
Nous avons déjà rencontré l'azienda Marramiero en évoquant le Trebbiano Altare 1996 et les Montepulciano di Abruzzo Inferi 1994 et Inferi Riserva 1993. Nous avons ainsi compris quels sont les horizons temporels que les vini Marramiero sont capables d'envisager. Mais le Dante Marramiero est un vin différent, pensé dès sa conception pour voyager dans le temps. Un vin riche, puissant, capable de développer 14,5° d'alcool. Mais faisons un pas en arrière, là où tout a son origine. Partons du vignoble.
Les raisins proviennent d'un vignoble d'environ 50 ans dans le lieu-dit Sant'Andrea à Rosciano, exposé au sud et caractérisé par un sol riche en argile. Les vieilles vignes et le grand travail en vigne permettront à chaque plant de ne contribuer au vin qu'avec un seul kilo de raisin. Les grands extraits et les composants polyphénoliques se retrouveront intégralement dans le verre.
En cave, la vinification est conduite avec une longue macération des peaux en contact avec le moût à une température comprise entre 25 et 30 °C. La fermentation est réalisée pour moitié en cuves de bois et pour moitié en acier inoxydable. Les masses sont ensuite assemblées pour reposer environ 18 mois. La maturation s'effectue en petits fûts pendant au moins 24 mois, puis le vin est soumis à un long affinage en bouteille.

Laissons la parole au vin.

1998 – Grenat, avec de surprenants reflets rubis de jeunesse, le nez est ample avec des notes de violette fanée, de fruits rouges en confiture, d'épices, de cuir et de tabac. En bouche, les composantes alcool-glycériques équilibrent les tannins et une belle fraîcheur saline très présente. La finale est très longue avec des retours rétro-olfactifs de réglisse. Le vin a beaucoup évolué dans le verre pendant la dégustation : le nez s'est complètement ouvert, révélant tout son charme. En bouche, le vin est mature, en pleine phase d'émotion. Il le restera longtemps. J'espère pouvoir le regoûter dans quelques années.

1999 – Couleur grenat avec une lèvre plus déchargée, il semble plus évolué que l'échantillon précédent. On reconnaît d'intenses arômes de confiture de prune, de noix de muscade et de tabac. En bouche, il est chaud et souple, avec des tannins soyeux et une acidité bien dosée. L'équilibre est parfait. Il semble même plus prêt que le '98, bien que je sois curieux de le goûter encore dans le temps, pour comprendre quelle direction prendra son évolution.

2001 – Fils d'un grand millésime, le vin est de couleur rubis sombre avec une lèvre grenat. Il frappe à l'olfaction par des notes florales de violette, de petits fruits rouges en confiture et de poivre. Mais aussitôt la balsamic prend le dessus avec des notes d'herbes aromatiques de thym et de laurier. En bouche, le vin fait preuve à la fois de jeunesse et de classe, avec des tannins soyeux et une acidité tellement présente qu'elle nous laisse entrevoir le long chemin qu'il peut encore parcourir. La persistance est très longue avec des retours balsamiques continus, tantôt d'eucalyptus, tantôt de laurier. Il est resté en bouche si longtemps qu'il m'a empêché de passer à l'échantillon suivant pendant au moins vingt minutes. Un vin majestueux, imposant, hors du temps. L'un des plus grands vins rouges que j'aie jamais dégustés.

2003 – Un millésime très chaud qui n'a pourtant pas empêché les vieilles vignes d'accomplir un travail plus que satisfaisant, à en juger par le vin qui en est issu. De couleur grenat avec une lèvre orangée, au nez on reconnaît des notes de terre, de tabac et de réglisse en finale. En bouche, les composantes souples équilibrent bien les tannins et l'acidité. La finale présente des retours de poivre et de réglisse. Il semble dans l'ensemble encore plutôt fermé, laissant présager une évolution supplémentaire.

2005 – Rubis, le nez n'est pas encore tout à fait expressif, bien que les notes fruitées et épicées soient perceptibles. Des notes d'eucalyptus le rapprochent un instant du 2001, même s'il est clair que dans ce cas la tertiarisation vient à peine de commencer. En bouche, l'acidité et un tannin exubérant prennent le dessus, témoignant de toute la jeunesse du vin. La finale est balsamique. Le vin n'est pas encore commercialisé.

Il demeure la conviction de l'expressivité du Dante Marramiero, qui atteint les sommets de l'excellence avec le 2001. Mais qui fait toujours preuve d'une grande intégrité et de toute sa personnalité dans l'interprétation des différents millésimes.

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