On m'avait parlé du Tiare, le Sauvignon blanc de la maison vinicole éponyme dirigée par Roberto Snidarcig. Pourtant, je n'avais jamais eu l'occasion de le déguster. L'occasion s'est présentée il y a quelques jours lors d'un événement organisé par l'AIS de Rome, quand Sandra – l'épouse de Roberto – m'a présenté le vin phare de la maison. Et me voilà à chroniquer une nouvelle fois un grand Sauvignon du Frioul, qui, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, est sans aucun doute le territoire de prédilection pour ce vin en Italie.
La maison vinicole Tiare est située à Dolegna, dans la partie orientale du Collio goriziano, tout près de la frontière avec la Slovénie. Le domaine s'étend sur 10 hectares, avec une production d'environ 100 000 bouteilles, dont la moitié est consacrée à ce Sauvignon qui a trouvé à Dolegna son habitat idéal.
Les sols sont calcaro-marneux, avec un juste équilibre de limon et d'argile. Le microclimat est doux, protégé par les Alpes Juliennes, avec de grands écarts thermiques qui permettent le développement des arômes typiques de ce cépage prestigieux. La forme de conduite des vignes est le Guyot, avec une densité de 4 000 à 5 000 pieds par hectare. Le nombre de bourgeons par grappe est sélectionné et la récolte manuelle se déroule en septembre en plusieurs passages, selon l'exposition de chaque vigne.
En cave, les premières raisins récoltés sont cryo-macérés à des températures très basses pendant environ un jour, puis clarifiés pendant trois jours. Les levures utilisées sont indigènes. Les raisins plus mûrs, récoltés ultérieurement, sont macérés pendant quelques heures à 8 °C et soumis dans ce cas à des levures sélectionnées. L'assemblage des différentes cuvées s'effectue en février, tandis que la fermentation malolactique concerne 20 % de la masse.
Nous avons dégusté un 2013, millésime caractérisé par une évolution climatique particulièrement variable, avec des températures généralement inférieures à la moyenne.
Le Sauvignon Tiare se présente d'une couleur jaune paille aux reflets verdâtres, absolument cristallin. Il se distingue par un nez ample, avec des arômes fruités et variétaux. On perçoit immédiatement de complexes notes de genêt et de fleur d'oranger, puis de pamplemousse rose et de pêche qui se superposent à d'agréables notes d'agrumes et minérales, avec une finale de sauge et d'herbe fraîchement coupée. En bouche, la composante fraîche et sapide l'emporte nettement sur les 13,5 degrés d'alcool. La trame est belle, la finale très longue, encore citronnée et végétale.
Je ne l'ai pas dégusté à table, mais j'imagine que le Tiare pourrait accompagner admirablement un risotto agli asparagi.
Ce vin a remporté un récent concours organisé à Bordeaux, réservé au Sauvignon blanc. Dans cette compétition, le Tiare a surpassé la concurrence de 750 échantillons de Sauvignon provenant de plus de 20 pays.
À mon avis, un vin d'une telle qualité devrait reposer en bouteille au moins un an avant d'être dégusté, afin que certaines duretés soient atténuées et que la correspondance gusto-olfactive soit parfaite.





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