Quand j'ai vu la vidéo dans laquelle Joe Bastianich présentait le produit dont je vais vous parler, j'ai pensé « Comment n'y ai-je pas pensé moi-même ? »
Classique réaction face à une bonne idée, « simple » à certains égards direz-vous ; eh bien cette fois ce n'est pas le cas et pour le démontrer je fais un bref retour en arrière en racontant une anecdote liée à mon enfance.
Quand j'étais enfant, mon père me racontait que souvent, chez ma grand-mère, sage-femme du village, les gens lui offraient de la nourriture ou d'autres produits comme du vin en échange d'une assistance à domicile (oui, à l'époque on accouchait à la maison !) ; dans une maison avec trois fils (et une fille), les provisions ne duraient souvent pas longtemps car, en l'absence de la grand-mère, les garçons organisaient des fêtes à base de tout ce qu'ils trouvaient.
Pour éviter que leur mère ne remarque les « vols » de vin en particulier, ils procédaient ainsi : ils contournaient la petite porte fermée à clé en retirant le tiroir du dessus et « pêchaient le vin », puis ils perçaient le bouchon avec des seringues, toujours présentes à la maison pour des raisons évidentes, et versaient le contenu dans des verres. Quand la grand-mère remarquait le manque, la réaction était digne d'une comédie : « Il s'est évaporé, ça fait longtemps qu'il est là, tu sais que l'alcool c'est comme ça ».
La naissance d'une idée
Le Coravin est un dispositif qui, aussi complexe soit-il, partage avec cette amusante anecdote une partie de son fonctionnement (de toute façon mon père et mes oncles ne voulaient pas le conserver le vin ! L'essentiel était de le boire !!!) ; mais partons de l'histoire.
Greg Lambrecht, dirigeant et inventeur de dispositifs médicaux avec une formation en physique, génie mécanique et énergie nucléaire (bref, pas du tout le genre à voler le vin de sa mère !) et surtout passionné de vin, est l'inventeur de ce dispositif.
Toute innovation digne de ce nom est faite pour résoudre un problème, pour répondre à un besoin, pour améliorer les conditions de vie actuelles et, même si beaucoup d'entre vous auront du mal à le croire, Greg avait lui aussi le même besoin que de simples winelovers comme nous :
« J'ai appris à apprécier le vin dans ma jeunesse et c'est là que ma collection a pris vie ; pendant la grossesse de ma femme, elle a commencé à prendre la poussière. Je voulais continuer à déguster d'excellents vins, mais je ne voulais pas gaspiller des bouteilles. Je considère le vin comme une boisson méditative, quelque chose que vous devez contempler et apprendre à connaître. Je souhaitais goûter trois ou quatre bouteilles différentes, mais je ne voulais pas en ouvrir quatre en une seule soirée. J'ai essayé divers systèmes de conservation, mais aucun ne me permettait de boire ce que je voulais et quand je le voulais, sans compromis. Quelle que soit la méthode de conservation, chaque fois que je débouchais une bouteille, je savais que l'oxydation avait commencé, et je me sentais donc lié à cette bouteille. Je rêvais de pouvoir verser le vin des bouteilles sans retirer le bouchon. »
Contrairement à beaucoup d'autres cependant, Greg est quelqu'un de tenace et il a décidé de résoudre lui-même le problème, consacrant dix ans d'études à la question : il utiliserait une aiguille « non carotante » pour ne pas endommager le bouchon.

L'évolution et le succès
Désormais Greg peut boire quand il le souhaite la quantité désirée de n'importe quel vin sans le déboucher, de façon à pouvoir le remettre en cave et étudier également ses évolutions au fil des années.
Grâce à Josh Makower, entrepreneur à succès, ami de Greg et co-fondateur de Coravin, et aussi à Nick Lazaris qu'ils ont recruté, aujourd'hui n'importe qui peut acquérir ce dispositif, y compris les bars à vins et les cavistes.
La satisfaction d'un besoin, un design attrayant et un marché intéressé : Coravin est une histoire de succès.
Plus de grandes occasions, mais simplement tout sera guidé par l'envie de goûter des vins sans aucune inhibition. Le modèle commercial s'avère gagnant ; en vente également des kits d'aiguilles, des capsules d'Argon (29 euros pour trois pièces) pour combler le vide laissé par la sortie du produit, créant ainsi le besoin de racheter des « consommables » ; bref une rente constante qui ne s'arrête pas à l'achat et à la diffusion du dispositif, un peu comme les lames de rasoir Gilette !
Le coût n'est pas non plus excessif afin d'en garantir la diffusion (environ 300 dollars).
Il ne s'adapte pas aux bouchons en silicone ou à vis et les romantiques en seront ravis.
Les sceptiques
Quelques précisions pour les sceptiques :
- l'aiguille est très fine, donc le liège du « trou » ne se retrouve pas dans le vin et l'argon ne s'échappera pas (comme le principe des injections !) ;
- L'Argon est un gaz noble, donc inerte, il n'interagit pas chimiquement avec d'autres substances ; par conséquent il n'influence pas le goût ;
- Il n'est pas nécessaire de retirer la capsule.
Coravin est déjà disponible en Italie, et peut également être acheté en ligne avec les accessoires.
Nous ne l'avons pas encore essayé ; mais je crois que nous n'attendrons pas longtemps pour l'évaluer ; pour ceux qui souhaitent le faire, le site offre la possibilité de consulter non seulement les revendeurs de la région, mais aussi les bars/cavistes qui utilisent le dispositif.
L'image est tirée du site officiel de Coravin.





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